On nous racontait des histoires

Dans la classe, il y a ceux qui ont choisi d'être là, qui veulent apprendre leur métier. Il y a ceux que le système scolaire a, pour des raisons variées, rejetés là. Il y a ceux qui résistent. C'est ainsi qu'ils se reconnaissent. Ils résistent à l'apprentissage. Ils ont appris, pour des raisons variées, qu'ils ne pouvaient pas faire l'effort d'apprendre, juste l'effort de résister. Il y a ceux qui tentent de s'arracher à cette pente, qui essaient d'apprendre à ne plus résister, d'apprendre à apprendre.

 

Il y a ceux qui viennent de loin. Afghanistan, Albanie, Bengladesh, Côte d'Ivoire, Érythrée, Inde, Mali, Maroc, Pakistan, Soudan ou Tunisie... Ils sont arrivés sur des barques, dans des camions. Quelques uns par avion. Ils se reconnaissent à cet effort de déplacement qu'ils ont, les uns et les autres, entrepris.  Ils sont des déplacés. Ils se sont déplacés jusqu'à notre pays et jusqu'à cette classe où on les a inscrits. Ils veulent apprendre. Il doivent apprendre, à tout prix, pour avoir une chance d'être autorisés à rester. Pour commencer, ils doivent apprendre notre langue.

 

La classe est un archipel. Chaque table est une île, pour les deux comédien.ne.s. Des îles suffisamment proches les unes des autres pour qu'on puisse sauter d'un bond de l'une à l'autre et jouer juste au dessus des élèves assis derrière les tables, comme à leur habitude ; jouer avec cette proximité inhabituelle. 

 

                                    Denis Lachaud

Cependant

Marcher dans le vent

Tout est chamboulé

Nos maisons

Cependant, Marcher dans le vent, Tout est chamboulé et Nos maisons sont les titres des quatre prochaines créations que la compagnie en attendant... souhaite adresser à la petite enfance. Au cœur de ce cycle de spectacles, se pose la question de la rencontre du tout-petit avec les arts. Pour nourrir cette réflexion, la compagnie organise quatre chantiers préparatoires et envisage quatre installations pour rencontrer le public auquel les spectacles vont s’adresser. 

 

Les trois premiers chantiers auront lieu, cette saison, à La Passerelle à Rixheim avec le soutien du Conseil Régional Grand Est. Au cœur de chaque chantier, il y a un illustrateur ou une illustratrice avec un univers graphique fort. Après l’invitation lancée à Vincent Godeau pour À l’ombre d’un nuage, la compagnie va travailler avec Vincent Mathy, Laurent Moreau et Mélanie Rutten. Autour de chacun de ces illustrateurs, une équipe sera constituée, composée de collaborateurs réguliers et de nouvelles personnes. Ces chantiers sont pilotés par le metteur en scène Jean-philippe Naas et Michel Liégeois, son collaborateur artistique qui a une grande pratique de la petite enfance.